mardi 30 juillet 2019

Au hasard de nos errances...


Petite place au détour d'une ruelle
Voyager avec ma sœur Véro, c'est aussi courir les marchés, les bars à vin et les chouettes petites places que personne ne connaît. C'est qu'elle a des acquaintances partout car le monde du vin est une communauté de  ''foodies'' étendue mais tissée serrée. Ils sont tous unis par une même passion: le vin et la gastronomie. 
Un matin pendant que les lutins dormaient encore ( ceux qui ont déjà eu ou ont toujours des ados en vacance vont me comprendre), nous sommes parties à l'aventure. Nous avions la chance d'avoir loué un appartement dans un quartier très bien situé. Le ''time out market'' et les berges du Tage étaient tout près.
Aux abords du Tage, un hommes passe ses journées
 à faire des sculptures de pierres qu'il place en équilibre
les unes sur les autres.

J'aimerais mentionner au passage, que l'on trouve les meilleurs ''pasteis de nata'' dans ce marché. Pour ceux qui n'ont pas eu la chance de goûter ces pâtisseries typiquement portugaises, sachez que si l'on vous en propose un jour, vous devez dire oui sans hésitation. On y trouve également des conserves de poisson dont les portugais sont si friands et pour lesquels ils ont un savoir-faire renommé. Si vous voulez goûter des plats sur le pouce préparé par des chefs locaux, c'est encore là qu'il faut se rendre. 

Pasteis de nata, la photo n'est pas de moi car chaque fois que j'en ai eu sous
la main,
 je pensais plus à les manger qu'à les photographier.

Time out Market

Donc, ce matin-là, nous avons abandonnés les lutins à leurs rêves et nous sommes parties à l'aventure à la recherches de petits coins inexplorés. Nous voulions retrouver l'adresse d'une parfumerie. Notre GPS nous entraîna dans un quartier tout en côtes, car Lisbonne est surnommée la ville aux sept collines et ce n'est pas pour rien. On se fait les mollets dans cette cité. Nous sommes passées par des petites ruelles charmantes sillonnées par des tramways à l'ancienne. Nous avons finalement trouvé notre fameuse parfumerie où l'on y vendait des eaux de Cologne et des savonnettes au parfum délicat. J'adore les parfums. Je dois tenir ça de Papy du Mas. Il s'en aspergeait toujours une demie bouteille lorsqu'il faisait sa toilette. Bon, j'exagère un peu, mais pas tant que ça. Mon papy avait le sens de la démesure en tout.

La parfumerie Claus Porto, une marque plus que
centenaire établie dans une jolie boutique.

Pour ceux qui n'ont pas le goût de se faire les mollets,
 il y a toujours le tramway.

Ce matin-là, pour le plus grand bonheur des yeux, nous avons exploré les rues non loin de l'Alfama et avons pu prendre un bain de foule tout en découvrant des petits quartiers qui recelaient une multitude de petites boutiques et d'exemples d'architecture typiques de Lisbonne.

Après quelques heures de vagabondage, il était temps d'aller retrouver les lutins. Nous y avons embrigadé ma Mathilde, toujours partante pour de nouvelles découvertes, alors que les deux autres ont poliment décliné notre invitation. Le plan d'après-midi était de partir à la recherche du château Sao Jorge juché sur la plus haute colline de Lisbonne. 

Le castelo Sao Jorge

Ma sœur aime les marchés et moi, j'aime les châteaux. Que voulez-vous? On est comme on est et à mon âge, on ne se refait pas. Donc, n'écoutant que notre courage, nous sommes reparties, accompagnées de ma Mathilde, à l'assaut de la plus haute colline de Lisbonne, celle sillonnée par le tramway no. 28 pour ceux qui veulent ménager leurs mollets. Ce château est situé tout en haut du quartier de l'Alfama. Tout d'abord, forteresse musulmane, il passa aux mains des chrétiens lors de la Reconquista de la péninsule ibérique. Il fut placé sous la protection de Georges de Lydia ( Saint-Georges ou Sao Jorge) qui lui donna son nom.  
En nous rendant au sommet, nous avons croisés plusieurs petites places fleuries où se produisaient des musiciens et des saltimbanques de tous acabits. Les ruelles étaient bordées de petit commerces et de résidences qui exhibaient fièrement des azulejos multicolores.

Les azulejos sont partout dans les villes du Portugal.


Des chanteurs se produisent un peu partout au détour des ruelles.

Les petites places toutes en fleurs nous
 attendaient à tous les détours.

Après une longue montée et bien des détours, nous sommes finalement arrivées aux abords de la forteresse qui nous attendait avec sa vue imprenable sur Lisbonne. Ces remparts crénelés et ses tours de rondes ne laissaient aucun doute sur la vocation guerrière de l'endroit. Nous avons déambulé  dans les jardins et sommes grimpées dans les tours de guet. Je suis restée sur ma faim car je croyais visiter des intérieurs riches et fastueux, mais ce n'est qu'une fois sur les lieux que j'ai compris qu'il s'agissait plutôt d'une forteresse militaire, donc point de dentelle ici. Cependant, la balade dans les jardins et dans le quartier de l'Alfama pour s'y rendre en valait la peine. Et puis, il offre une vue magnifique de Lisbonne.


Vue sur la ville depuis le château

Les jardins et la cour intérieure

Ma Choute sur les remparts


Bar à vin et fado   


Après notre expédition de repérage dans l'Alfama, nous sommes allées récupérer les deux autres lutins qui n'avaient pas voulu suivre. C'est qu'une des connaissances de Véro, une vigneronne portugaise, nous avait chaudement recommandé un petit bar à vin, Senhor uva, qu'elle avait qualifié de ''awesome place'' ( endroit génial). Nous y avions des réservations en soirée. À notre grande surprise,  l'endroit à l'atmosphère chaleureuse était tenu par des expats québécois récemment installés à Lisbonne. Le petit bar à vin était plein à craquer de ''locals'' des environs qui, étonnamment, s'y réunissent régulièrement pour prendre un verre entre amis. Nous avons tout de suite compris qu'il y avait un truc là. Visiblement, on ne nous servirait pas une poutine.
Lui, est un sommelier passionné et elle, une ancienne chef d'un des meilleurs restaurants vegan de Montréal. À deux, ils ont décidé de réaliser leur rêve loin de Montréal. 
Ils travaillent avec des producteurs de vins naturels locaux et ont de très beaux produits. La nourriture cuisinée avec un réchaud à deux ronds et un grille-pain ( L'installation sommaire rappelle le modeste resto de mon père, Les Muses, pour ceux qui ont connu.) est absolument savoureuse. 
 L'accueil était chaleureux et l'ambiance animée. Tous les facteurs convergeaient pour nous  offrir une soirée inoubliable... et elle le fut..  On nous fit un menu gastronomique avec dégustation de vins soigneusement choisis par le sommelier qui s'est fait un devoir de nous expliquer tout ce qu'il nous faisait goûter. Les plats se succédaient, tous plus savoureux les uns que les autres. La soirée se déroulait dans une atmosphère magique. C'était tellement chouette.





Senhor Uva, bar à vin

À la sortie du petit bar à vin, il était déjà tard, mais nous quittions Lisbonne le lendemain et j'avais quand même envie d'aller terminer la soirée dans un bar de fado... pour l'expérience. J'ai entraîné les lutins et ma sœur qui ronchonnait que c'était sûrement un truc hyper cher et seulement destiné aux touristes. C'est vrai, c'était quand même assez cher, mais l'endroit n'était pas uniquement fréquenté par des touristes. Et puis... il n'y a pas de mal à ça. Nous étions des touristes après tout. C'est ainsi que nous avons échoué au restaurant Clube de Fado pour un dessert. Les premiers tours de chant étaient quelconques et j'avais demandé la facture, mais le serveur me dit de rester un autre 15 minutes pour la surprise. C'est à ce moment qu'une dame à la voix puissante s'est levée de l'assistance pour entonner un tour de chant improvisé qu'elle désirait offrir à sa mère pour son anniversaire.

- Je pense que c'est Mariza, me chuchota Véro à l'oreille qui avait tout à coup oublié ces réticences à faire trop touriste. 
- Who the hell is Mariza?
- La rock star du fado ici.
- Ah, bon!
Coup de chance ou de malchance, c'est selon vos goût bien sûr. La grande dame du fado était là, en famille, pour célébrer l'anniversaire de sa mère et d'un ami de la famille.
C'est ainsi que s'acheva notre soirée mémorable avant de faire nos adieux à Lisbonne.




P.S. Pour ceux qui ont eu la patience de me lire jusqu'au bout, Chapeau! Désolée pour les superpositions d'encadrés que je n'arrive pas à enlever. Je vous laisse sur un morceau de la grande Mariza pour ceux que ça intéresse. Pour les autres... vous n'êtes pas obligés. Lol

 












lundi 29 juillet 2019



Expérience de surf...!


J'ai toujours des idées géniales en voyage. L'une de celles que j'ai eues cette année a été le cours de surf. Bon, d'emblée on va se dire les vraies affaires. Ce n'est pas mon sport et je n'entrevoie pas une grande carrière en la matière dans un avenir rapproché. Mais, pour le plus grand bonheur de ma sœur et de mes lutins, je nous ai tous inscrits pour un cours de deux heures.
Nous nous sommes levés de bons matin par une journée ensoleillée, mais fraîche car contrairement au reste de l'Europe, le Portugal connaissait un début d'été assez frais... au point de sortir une petite laine à l'occasion. Nous devions rencontrer Mauro à l'entrée du zoo de Lisbonne. De là, il devait nous conduire en dehors de la ville jusqu'aux plages bordant l'Atlantique. La balade loin de la ville était la bienvenue. Et puis, Mauro, Felipe et Alexandro étaient super gentils et patients avec les ignares que nous étions.
Déjà pour enfiler le ''wet suit'' ce fut toute une affaire. Ensuite, ils nous ont demandé si l'un d'entre nous avait déjà fait du ''snowboard'' ou du '' skateboard''. Heu, non. Dès ce moment, j'aurais dû me méfier. Ils nous ont entraînés vers la plage où nous avons pratiqué les manœuvres de base. La planche était lourde à tirer dans le sable. Une fois rendus sur la plage, ça allait plutôt bien. Nous étions assez bons, je dois dire. 
Puis, vint le moment où nous sommes allés à l'eau pour tester nos nouvelles connaissances. Dès les premières secondes où j'ai trempé les pieds dans l'eau glacée (17°C), j'ai su que ce n'était pas gagné.  
Alors... le ''frette'' de l'eau allié à la puissance des vagues ( Aseez petites, paraît-il) et au poids de la planche attachée à ma cheville ont  vite eu raison de mes talents incertains. Les amis et Véronique ont à peu près réussi à se tenir debout sur leur planche. Pour ma part, je me suis bien levée un 30 secondes pour ne plus répéter cet exploit. J'ai dû avoir un moment d'absence ou quelque chose du genre. La meilleure a été sans contredit ma Mathilde à qui tous les sports réussissent.
Malgré tout, j'ai aimé l'expérience qui m'a permis de me dépasser à ma façon. J'ai essayé quelque chose de nouveau et j'ai combattu mon aversion de l'eau ''frette'' l'espace de quelques heures. Nous sommes ressortis de cette expérience crevés, mais heureux. Nous avons définitivement un respect nouveau pour tous ces surfers passionnés qui n'hésitent pas à affronter les vagues de Nazaré, hautes de 30 mètres. 


Ma sœur Véro

Ma Marianne

Mon Shawn

Ma Mathilde

Il n'y a pas de photo de moi sur ma planche. Il faut croire que je ne me suis pas tenue assez longtemps dessus pour que le photographe ait le temps de croquer le moment sur le vif. Ce sera pour une prochaine fois... ou pas. 



Je regarde cette vidéo et j'ai une boule au ventre, moi qui n'ai pas réussi à me tenir debout devant une vague de rien du tout. 

dimanche 28 juillet 2019



Et puis...


... Il y a eu nos promenades à la tombée de la nuit le long des berges du Tage qui nous permettaient de découvrir Lisbonne avec des airs de nuit. Des gens, le regard noyé dans le fleuve, étaient installés sur des chaises portatives et se partageaient une bouteille de vin  tout en écoutant des airs de Fado ( n'en déplaise aux oreilles sensibles). Les rues illuminées vibraient d'une grande activité. Les rires se mêlaient aux conversations dans cette langue qui nous étaient inconnue. Visiblement, il fait bon vivre à Lisbonne après la tombée du jour. Et nous... les chanceuses... étions des témoins de tous ces moments de bonheur tout simples. 


Les rives du Tage

Brouhaha de rires et de conversations

La Praça de Comércio by night

Arc de triomphe








Le Padrao de descubrementos...


... ou le monument aux découvertes. Après notre visite du monastère, nos pas nous conduisirent au pied d'un bâtiment érigé à la mémoire de ces navigateurs portugais de l'âge d'or des Grandes Découvertes. Un padrao est un monticule de pierre surmonté d'une croix ou d'un blason portugais que les explorateurs utilisaient pour marquer les nouveaux endroits qu'ils découvraient, un peu comme un calvaire. 
Ce mémorial érigé en forme de caravelle, embarcations utilisées lors des voyages d'exploration, est assez récent puisqu'il a été bâti en 1960,  soit 500 ans après la mort d'Henri le Navigateur. De chaque côté de la structure s'alignent en file descendante les sculptures représentant les marins célèbres liés aux grandes découvertes. On constate toute l'importance de la mer et de la navigation, éléments intimement liés à l'histoire et à la culture du Portugal. Au bas, on peut y admirer une immense rose des vents, symbole par excellence de la marine.
Cette visite était le parfait complément à une magnifique journée dans le quartier de Bélem.



Ma Marianne avec en arrière-plan, la caravelles des descubrementos.
À la proue, Henri le Navigateur en l'honneur de qui le monument fut érigé.

Les figures importantes des grandes Découvertes


 Une fois au sommet, une magnifique vue du port de Bélem et ses environs nous attendait.
Pont du 25 avril, premier pont suspendu au-dessus du Tage. Il rappelle celui de San Francisco.
Il relie les deux rives. De là, nous pouvons voir El Cristo Rey, statue géante du Christ érigée en hauteur comme celle du Brésil. Elle n'est pas visible sur cette photo.

Le port de Bélem et sa marina.

D'ici, nous pouvons admirer le monastère des Hérominites situé juste en face.



Rose des vents vue d'en haut



                                                                         

Le monastère des Hiéronymites

Il s'agit d'un édifice situé dans le quartier de Bélem. Il est l'un des plus prestigieux édifices de Lisbonne, témoignage de l'âge d'or du Portugal. Le plus illustre navigateur portugais,Vasco de Gama, y repose. C'est un bel exemple d'architecture manuéline, style qui s'est développé au Portugal pendant le règne de Manuel 1er. Il allie des influences gothiques, romanes et mauresques. Le monument est très orné, mais délicat à la fois.  Je vous laisse en juger vous-même.


Le bâtiment s'étend sur tout un pan de rue



Son cloître


Voyez le détail de la voûte.



jeudi 4 juillet 2019


Sintra et le château de Pena


Vue panoramique depuis le château. Le temps était brumeux et froid
 mais il n'a rien enlevé au plaisir d'être là.

Après une bonne nuit de sommeil, nous étions d'attaque pour notre première visite. Il ne restait plus qu'à attendre ma sœur Véro. Elle nous est arrivée quelques heures plus tard avec un avion qui avait du retard, fripée et chargée de valises lourdes de fatigue et du souvenir d'un vol turbulent. Mais, l'important, était que nous étions tous ensembles prêts pour l'action. Ma sœur, n'écoutant que son courage et ignorant la fatigue, s'est jointe à nous pour notre première excursion.

Alors, Sintra et le château de Pena... Nous nous sommes rendus au château de Pena, ancienne résidence d'été des souverains portugais. Le château en hauteur, perdu dans ses nuages, nous accueillit avec ses façades colorées et ses tours crénelées. Nous avons longé son dédale de pièces et de couloirs richement ornés. Les pièces meublées d'antiquités et de photos des derniers occupants du château évoquaient une époque révolue où l'art de vivre se conjuguait à l'élégance. Malheureusement, à l'intérieur, les photos étant interdites, je dois me contenter de clichés extérieurs. Comme à l'habitude, rien ne vaut une visite bien sûr. Les photos ne rendent pas justice à la beauté de l'endroit.
Mais que vient faire Sintra là-dedans? me direz-vous. Il s'agit en fait du village situé au pied de la montagne où est érigé le château. Charmant, avec son centre historique et sa vie animée, il  vaut certainement le détour. Comme nous sommes partis tard, nous avons manqué de temps pour tout visiter, nous devrons y retourner un jour.

Château de Pena

Mur recouvert d'azulejos ( tuiles de céramique typiques du Portugal)
Portail d'entrée du château

Les jardins regorgent  d'arbres et de plantes variées et denses qui font le bonheur des promeneurs amoureux de la nature.


Les jardins

Calvaire situé dans les jardins





Lisbonne depuis le début...



Bon, me voilà! Je n'ai pas été aussi bonne que je l'aurais voulu car nous sommes toujours en mouvement. Je vais tenter de vous faire un récapitulatif depuis le début. Désolée à l'avance pour l'abondance d'informations.

Nous sommes arrivés à Lisbonne un peu fripés, les yeux lourds de fatigue. Olga, la femme de ménage, nous attendait pour nous faire visiter le super appartement que nous avions loué. J'ai bien tenté de communiquer avec elle en français, anglais et même en espagnol mais Olga est résolument portugaise. Qu'à cela ne tienne, malgré la lenteur de mon cerveau sur le décalage horaire, nous avons réussi à nous comprendre. Sort of...  

Malgré la fatigue et le dépaysement, j'aimais déjà cette ville accueillante et si vivante. Les gens ici sont adorables. Je n'ai pas encore rencontré de portugais désagréable. Pourtant, ça doit bien exister. Ils sont comme des canadiens avec un air méditerranéen. Nous sommes faits pour nous entendre.

 

Balades citadines Porto est une ville portuaire sillonnée par le Douro. On dit que Porto travaille pendant que Lisbonne se fait belle. L...